Chipiron fait partie de la sélection « 100 start-up où investir en 2022 » de Challenges. Sa promesse : rendre l’IRM (imagerie par résonance magnétique) – la meilleure technique d’imagerie médicale – accessible à tous et partout. Rencontre avec l’un de ses fondateurs : Dimitri Labat, docteur en physique théorique de la matière condensée.
A l’origine, un parcours académique exemplaire
Dimitri est agrégé de physique. A l’issue de son concours et d’une année sabbatique il intègre le laboratoire Matériaux et phénomènes quantiques d’Université Paris Cité et commence ses travaux de recherche en physique théorique. Il soutient sa thèse en 2018.
A priori, tout destinait Dimitri à l’enseignement et à la recherche fondamentale mais il opère un premier virage en 2019 et rejoint la Banque de France. Il y conçoit et met en œuvre des modèles mathématiques à des fins de contrôle des organismes d’assurance. C’est un camarade de promotion qui pense à lui pour ce poste. « J’avais beaucoup fait de mathématiques et je voulais rester dans le service public. Ce poste m’a permis de me familiariser avec l’administration mais la physique a fini par me manquer » précise Dimitri.
Retour à la physique et désir d’entreprendre
Il revient à la physique par le biais de l’entrepreneuriat. « J’ai échangé avec une autre docteure de l’université qui avait créé son entreprise. Elle m’a parlé du séminaire Valorisation de la recherche organisé au CNRS par le C’NANO. C’est ce premier contact avec l’entrepreneuriat qui m’a donné envie de poursuivre dans cette voie. »
Il poursuit sa découverte grâce à Entrepreneur First qui met en relation de potentiels créateurs d’entreprise et rencontre Evan Kervella, son associé. Ensemble, ils cherchent une technologie physique à valoriser : « Je souhaitais faire sortir la recherche du laboratoire, faire en sorte que ça ait un impact sur la vie des gens et dans la société ».
Sa réflexion le dirige vers des dispositifs quantiques de pointe nommés SQUID (superconducting quantum interference device) qui pourraient s’appliquer à l’IRM. « Il s’agit de capteurs très sensibles qui permettent d’obtenir une bonne image grâce à un champ magnétique moindre. Cette technologie va nous permettre de concevoir une machine fiable, moins chère et plus petite pour généraliser le recours à l’IRM».
Naissance de Chipiron
Le projet recueille l’adhésion de plusieurs organismes dont la BPI qui le subventionne grâce au dispositif French Tech Emergence, ainsi que des incubateurs deeptech Agoranov et PC’Up. Une première levée de fond auprès de business angels et de leur investisseur historique Entrepreneur First leur permet de récolter plus d’1 million d’euros. Chipiron est né. Dimitri et Evan constituent une équipe, s’installent dans un laboratoire à l’ESPCI et commencent à travailler. Ils obtiennent de premiers résultats encourageants et travaillent désormais pour démontrer l’efficacité du dispositif.
Les prochaines étapes ? De nouvelles levées de fonds pour poursuivre le travail en recherche et développement, en matière de réglementation. L’objectif est de parvenir à un prototype pour effectuer tous les tests nécessaires et atteindre le marché en 2025.
« C’est une aventure particulière la création d’entreprise ! Ça s’apparente à la recherche car il faut prendre des risques et faire preuve de beaucoup de créativité. Le temps de la recherche est un temps plus long là où l’entrepreneuriat demande de prendre des décisions très vite ! » résume Dimitri.
Pour l’anecdote, SQUID signifie calamar en anglais. C’est le nom de cette technologie qu’ils utilisent qui a inspiré Dimitri et Evan pour le nom de leur entreprise : Chipiron.
Son parcours de formation à l’université :
2018, Soutenance de thèse « Nématicité et supraconductivité jeux d’influence dans les systemes au fer. »
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